samedi 18 octobre 2008

Postavy



Postavy est une ville de 20.000 habitants située dans la voblast de Vitiebsk. Le bus passa à côté d’un chasseur Mig-23 exposé à l’entrée de la ville rappelant qu’une ancienne base aérienne soviétique passée sous contrôle biélorusse s’y trouve.
Le seul hôtel de la ville était complet. Il avait été réquisitionné le jour même pour accueillir des sportifs et les clients tout simplement renvoyés… Une importante compétition devait avoir lieu durant la semaine.
La réceptionniste eut pitié de moi et essaya de trouver une solution pour me loger. Elle passa plusieurs coups de fil pour négocier mon gîte. La perspective de devoir passer une nuit à la belle étoile s’éloigna mais l’affaire ne semblait pas acquise. Ma nationalité posait-elle problème ? Elle raccrocha le combiné, griffonna une adresse sur une feuille de papier et me la tendit. Satisfait, je rejoignis la place centrale Alleya Plochad pour prendre le bus en direction du lieu indiqué, situé à l’autre bout de la ville.
Le centre-ville est construit autour de la rivière Madielka. A cet endroit, son lit s’élargit pour former deux petits lacs séparés par un goulet d’étranglement qui servait autrefois à alimenter la roue à aubes d’un moulin. L’église catholique Saint Antoine de Padoue, construite toute en briques rouges se trouve non loin du rivage du plus petit des plans d’eau.
Ici, le réseau de transport en commun est desservi par quelques autobus, et plus couramment par des camionnettes transformées en minibus. Celui dans lequel je pris place m’amena non loin d’une caserne. Un ancien tank de l’armée rouge était exposé au milieu de la place. Je sonnai à la porte et c’est un militaire en tenue qui m’ouvrit. Je réglai le prix de la nuitée et le militaire me guida vers la chambre. Celle-ci était vaste et comptait quatre lits et une salle d’eau.
Le soir, je pris mon dîner dans un restaurant de la place Alleya. J’étais l’unique client ce qui confirmait l’impression de semi-léthargie de la ville ressentie plus tôt dans la journée. Une crise économique était-elle responsable de cette situation ? La serveuse n’avait pas vingt ans et pouvait être la fille et la nièce des deux femmes corpulentes qui dégustaient des crèmes glacées en attendant d’hypothétiques clients. La serveuse, étant davantage préoccupée par la lecture de son livre que par le chiffre d’affaires du restaurant, prit son temps à prendre la commande et à me servir. La carte proposée était variée mais plusieurs plats n’étaient pas disponibles, les prix étaient par contre surprenants, bien inférieurs à ceux pratiqués dans les grandes villes. Je quittai le restaurant sans qu’aucun client supplémentaire ne fit son apparition.
Le lendemain, je me rendis au musée de la ville. La ville était encore endormie. C’était le week-end et la directrice ne travaillait pas. J’avais essayé de me rendre au bord du lac Spory mais j’abandonnai rapidement cette idée car je ne trouvai aucun moyen de transport pour m’y rendre rapidement. Je quittai Postavy en taxi pour me rendre dans le village de Narotch.


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