vendredi 10 avril 2009

Pripiat, le parc d'attraction (5)



Au bout de l’avenue Lénine se trouve la Place de la Culture. Sur la façade d’un immeuble d’habitation nous pouvons lire en caractères cyrilliques géants Le parti de Lénine est la force populaire qui nous conduit vers le triomphe du communisme, nous effectuons un retour dans l’idéologie soviétique.
L’immeuble le plus élevé de Pripiat compte 17 étages. Sur son toit est accrochée une imposante couronne métallique à la gloire du régime soviétique. On décide de grimper sur le toit pour avoir une meilleure vue de l’étendue de la ville. La montée des escaliers est pénible, voire hésitante. A chaque palier, les portes ouvertes de l’ascenseur laissent apparaitre un trou noir béant et effrayant. Des débris de toutes sortes jonchent les marches et ce vent tourbillonnant et sifflant dans les escaliers rend encore plus angoissant ce décor d’apocalypse. On accède enfin à la terrasse. Les rafales se font plus violentes et rendent périlleux les déplacements sur le toit mais on se risque à faire le tour de la terrasse pour découvrir l’étendue de la désolation.
En redescendant, nous nous hasardons à visiter quelques appartements. Le constat est partout identique, comme dans la cage d’escalier, les peintures s’écaillent. Dans les chambres, les papiers peints, noircis par le temps et l’humidité, se décollent par lambeaux. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle horrible entre les descriptions faites des premières victimes de Tchernobyl. Hautement irradiées par les matières radioactives disséminées autour de la centrale, leur peau noircissait très vite, partait en lambeaux et les victimes finissaient par mourir en quelques jours.
Dans le prolongement de la Place de la Culture se trouve le parc d’attractions permanent, attendant toujours les 17.000 enfants de la ville de jadis. La grande roue avec ses nacelles tremblotantes est figée à tout jamais. Des autos tamponneuses, rares à cette époque en URSS, subissent sous l’effet du temps et des intempéries les derniers outrages.
A proximité, un bouleau avait poussé sur le parvis bétonné pour atteindre une taille respectable. L’arbre s’est battu avec désespoir pour grandir car ses racines n’ont pas pu traverser la dalle et se sont contentées de se développer à l’horizontale sur cette surface rugueuse. Très récemment, une bourrasque l’a renversé, il gît là, ses racines à nu, comme pour nous signifier que désormais toute nouvelle vie est impossible.


3 commentaires:

!éch°g33k a dit…

Bonne article. Je pense qu'il reflète parfaitement bien l'ambiance qui doit régner dans cette environnement apocalyptique.
Non pas que je me réjouisse de ce qui est arrivé là bas (absolument pas), je resterais tout de même très curieux de pouvoir y mettre les pieds un jour... Même s'il s'agit d'une dite 'zone interdite' ou 'zone rouge' où la radioactivité au sol atteint quasiment 1000 fois le seuil 'normal' ! Ça semblerais être une expérience assez unique malgré tout.

!éch°g33k a dit…

J'ai une faute, désolé !
'Bon article' serait plus approprié que 'Bonne article' !

!éch°g33k a dit…

Deux fautes 'cet' plutôt que 'cette'... J'aurais décidément dû me relire deux fois !