mardi 11 novembre 2014

Voyages d'Andersen : Berlin




Après avoir poussé jusqu’en Bavière, Andersen sur le chemin du retour s’arrête à Berlin.
Au contraire des autres villes visitées, la capitale de la Prusse, ne séduit guère Andersen, jugez-en plutôt : « Des rues tirées au cordeau, des palais à l’infini. On est fatigué de tant marcher, de tant de choses à voir. » Pas plus il n’apprécie l’humour berlinois : « On trouve ici le vrai Witz berlinois, et il vaut son pesant d’or, vous pouvez m’en croire surtout s’il fallait l’acheminer par la "schnellpost", il serait tellement lourd qu’il coûterait trop cher, hé oui ! hélas !
Je n’y puis rien mais la vérité est que Berlin, ne m’a pas plu du tout ! »
Ses rencontres lui font un peu oublier ses déceptions. Il fréquente Adelbert von Chamisso, né Louis Charles Adélaïde de Chamissot de Boncourt, ayant fui avec sa famille la Révolution pour s’installer à Berlin comme beaucoup de nobles français, et devenu successivement page d’une reine, officier dans l’armée prussienne, puis poète et écrivain à succès de langue allemande et même botaniste. Andersen se régale de la profusion de représentations théâtrales, visite le musée, où il est choqué par le triptyque de Jérôme Bosch et particulièrement le panneau central où « le jour du jugement était représenté par des images si affreuses et si repoussantes que leur laideur m’ôte toute envie de les décrire ici. »
En quittant la capitale, il remonte "Unter den Linden", la célèbre avenue plantée de quatre rangées de tilleuls, arrive à la "Pariser Platz" et la porte de Brandebourg. Il jette un dernier coup d’œil sur le quadrige coiffant le monument néoclassique inspiré de l’Acropole d’Athènes :
« Je lançai un adieu à la déesse de la victoire qui, avec ses fringants chevaux d’airain, en a vu d’autres que moi. Au temps de sa prime jeunesse, on l’avait placée comme si elle devait conduire son attelage hors de Berlin. Mais comme elle avait vraiment pris la chose au sérieux et qu’elle était même partie jusqu’à Paris, on est allé la rechercher pour l’installer le visage tourné vers la ville. Il est certainement préférable, en effet, que la victoire entre en ville plutôt qu’elle ne sorte. »
Pour ma part et même si je regrette l'absence d'édifices médiévaux, je ne suis pas insensible aux charmes de la capitale, et à l’aube du 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin, je vous souhaite une très belle journée.


Extraits de « Voyages » de H.C. Andersen, éditions Riveneuve, traduit par Michel Forget

lundi 27 octobre 2014

Voyages d'Andersen : Dresde



Après Hambourg et Meissen, Andersen arrive à « Dresde, la Florence allemande, avec ses coupoles et ses grands clochers », par la Neustadt et traverse le pont Auguste qu’il écrit bien connaitre par ses gravures. « Ce fut comme si je m’étais déjà trouvé ici, en rêve, auparavant. Il y avait de la vie et du mouvement sur le fleuve, mais plus encore sur le pont. Voitures et cavaliers circulaient au centre, à toute allure tandis que, sur les côtés, se pressait une foule bigarrée de piétons et de promeneurs ». Il réserve sa première visite au peintre norvégien Johan Christian Dahl, l’ami de Caspar David Friederich établit lui aussi à Dresde, dont la merveilleuse restitution dans ses paysages des ambiances brumeuses, des lumières irradiantes de fin d’après-midi et des ciels tourmentés m’émeut toujours. Avant de rencontrer, le soir même, Ludwig Tieck, le maître de la poésie romantique, il visite l’église catholique qui apparait sur la photo dans le prolongement du pont Auguste. Antoine Ier, roi de Saxe, participe à l’office. Le chant du chœur déferle sur Andersen qui ressent un étrange sentiment à l’écoute des castrats alors que l’orgue Silbermann, l’un des plus beaux d’Allemagne, reste étonnamment silencieux dans le récit de voyage.


Extraits de « Voyages » de H.C. Andersen, éditions Riveneuve, traduit par Michel Forget

dimanche 26 octobre 2014

Voyages d'Andersen : Hambourg


Au printemps 1831, Hans Christian Andersen arrive à Hambourg. Il écrit : « J’éprouvai vraiment un profond respect pour cette vieille ville, qui a conservé ses rues étroites et son fourmillement humain. […] La « Jungferstieg » grouille de promeneurs ; elle est, sur toute sa longueur, bordée d’hôtels dont les portes sont agrémentées de garçons de café, de garçons de café en chef et de chefs de garçons de café en chef. […] Ici, ainsi qu’autour du pavillon dit « de l’Alster » sont assis des groupes de gens qui avalent journaux et chocolats. Berlin ne possède aucune rue semblable à celle-ci. A leur « Unter den Linden » il manque d’avoir une vue sur l’eau or celle-ci est et sera toujours une condition sine qua non de la beauté d’une ville. »
Onze ans plus tard, un gigantesque incendie détruit en partie le Hambourg évoqué par Andersen. En 1943, un terrible bombardement au napalm détruit la ville et laisse 40 000 morts. De nos jours, les canaux et l’Alster sont toujours là, les rues étroites ont disparu. Dommage. Andersen a-t-il vu le long de ce canal ces quelques maisons rescapées ?

samedi 25 octobre 2014

Voyages d'Andersen : Lübeck




« Ici, parmi ces maisons aux pignons pointus, ces ruelles étroites et le souvenir des temps anciens qui jette sur toutes choses un voile d’histoire, on se croit transporté des siècles en arrière. » Ces mots, c’est Hans Christian Andersen qui les a écrits en 1831. Ils sont extraits de  Voyages  de H.C. Andersen, éditions Riveneuve, traduit par Michel Forget.


samedi 20 septembre 2014

La fin d’un cauchemar ?

- photo: Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine -



Depuis plusieurs mois, les mauvaises nouvelles se succèdent en Ukraine. Tôt ce matin, Leonid Kuchma, l’ancien président ukrainien (1994-2005) a annoncé que les participants aux discussions de Minsk sont tombés d’accord pour  la création d’une zone tampon d’au moins trente kilomètres autour de la zone de conflit. L’OSCE pourrait ainsi déployer des observateurs ces prochains jours. Le mémorandum suggérerait également que toute force étrangère devra quitter la zone de conflit. Il s’agit probablement d’une étape importante vers la paix et la résolution à l’amiable des différends.

jeudi 18 septembre 2014

Les troupes russes à Kiev, Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Buccarest ?

Selon la Süddeutsche Zeitung, le président russe Vladimir Poutine aurait dit au président ukrainien Petro Porochenko que s'il le voulait, les troupes russes pourraient être en deux jours, non seulement à Kiev mais aussi à Riga, Vilnius, Tallinn, Varsovie et Bucarest.




http://www.sueddeutsche.de/politik/berichte-des-ukrainischen-praesidenten-putin-soll-europa-massiv-gedroht-haben-1.2134168#