mercredi 30 juillet 2014

mardi 29 juillet 2014

Poutine se laissera-t-il convaincre ?


photo AP/Dmitry Lovetsky

Selon le journaliste russe Andrey Vladimirovich Kolesnikov, Vladimir Poutine abandonnerait les séparatistes s’il était convaincu de leur responsabilité dans le crash du MH17.

Regain de tension


La désescalade en Ukraine n’est pas pour tout de suite... Les sanctions européennes devraient être annoncées cet après-midi, alors que ce matin les États-Unis accusent la Russie de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en procédant à des essais sur des missiles de croisière.



lundi 28 juillet 2014

Sergei Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe
Suite aux dernières sanctions européennes, un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères indique : « La liste de sanctions supplémentaires est la preuve directe que les pays de l'UE ont mis le cap vers l’arrêt de la coopération avec la Russie pour les questions de sécurité internationale et régionale. Cela comprend la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme, le crime organisé, et d'autres nouveaux défis et dangers ». (RFE)
A la première lecture, on pourrait croire que ce qui est énuméré s’applique à la Russie, mais la CIA a probablement changé les termes du communiqué.

dimanche 27 juillet 2014

Deux, trois bonnes raisons pour ne pas abandonner l’Ukraine – (1) Le mémorandum de Budapest et l’enclave de Kaliningrad

par Rémy Brauneisen


photo - Le château de Königsberg vers 1890


Après le crash du MH 17, la communauté internationale n’a ressenti aucun signe de désescalade dans l’est de l’Ukraine. Mercenaires, tanks, véhicules de transport de troupes blindés et versions améliorées des orgues de Staline continuent de traverser la poreuse frontière avec la Russie, et selon le Pentagone et l’OTAN, les transferts concerneraient de l’artillerie de plus gros calibre. L’armée russe selon les accusations des États-Unis procéderait à des tirs d’artillerie depuis la Russie, et les forces ukrainiennes qui essaient de reprendre le contrôle de la frontière se trouvent prises entre deux feux.

A Bruxelle, les ambassadeurs des Vingt-Huit négocient depuis trois jours pour trouver de nouvelles sanctions envers la Russie. Elles iraient au-delà des quinze personnes physiques et dix-huit organisations rajoutées vendredi soir à la liste. Les négociations dureront probablement jusqu’à mardi. Les sanctions supplémentaires concerneraient les secteurs de l’énergie, des finances et de l’armement. La liste sera ensuite soumise pour validation aux chefs d’État de l’Union européenne. La réactivité n’est pas le point fort de l’Union européenne, et à moins d’une profonde réforme des institutions, l’on aura toujours du mal à parler rapidement d’une seule voix. Cette lenteur excessive à réagir a certainement facilité à Vladimir Poutine l’Anschluss de la Crimée.

Ce matin, Nick Clegg, le vice-premier ministre britannique relance l’idée de priver Vladimir Poutine de la coupe du monde de football en 2018. Il affirme qu’ « il est impensable d’offrir la coupe du monde à la Russie maintenant que l’Ouest sait qu'elle a fourni les armes aux rebelles séparatistes qui ont causé la mort des 298 passagers du vol MH 17 ». L’idée de déplacer la coupe du monde 2018 en Allemagne a été lancée par des hommes politiques allemands et néerlandais, deux jours plus tôt. Cette suggestion a été balayée d’un revers de la main par le président de la FIFA. Nick Clegg ajoute qu’il devrait en être de même pour le premier grand prix de Formule 1 prévu en octobre prochain à Sotchi.

Mais ni les États-Unis ni l’Union européenne ne reconnaitront l’annexion de la Crimée et les quelques voix dissonantes qui disent que la Crimée doit être Russe, car elle l’a toujours été, émettent un argument bien dangereux, car une fois de plus on créerait un fâcheux précédent qui justifierait des agressions futures. En fait, après avoir été grecque, byzantine, tatare, ottomane, la Crimée devient russe à l’issue de la guerre russo-turque de 1768-1774. Pour mieux russifier la presqu'île, Staline fait déporter des centaines de milliers de Tatares en Sibérie. C’est finalement Nikita Kroutchev qui offre à l’Ukraine la Crimée sur un plateau pour fêter le 300e anniversaire de la réunification de la Russie et de l’Ukraine. Après la dislocation de l’Union soviétique, le mémorandum de Budapest est signé le 5 décembre 1994. Celui-ci garantit la sécurité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. En échange de la protection des garants et signataires (USA, Royaume-Uni et Russie), l’Ukraine accepte d’abandonner un impressionnant arsenal de 1900 têtes nucléaire se trouvant sur son territoire.

Alors si nous laissons Vladimir Poutine annexer la Crimée, pourquoi Angela Merkel, plutôt que d’annexer l’Alsace-Lorraine comme l’avait fait Guillaume II puis Hitler, ne revendiquerait-elle pas à l’avenir le retour à l’Allemagne de l’enclave de Kaliningrad au bord de la mer Baltique, entre la Pologne et la Lituanie ? On imagine mal la chancelière allemande se lancer dans une telle aventure. Pourtant l’origine allemande remonte au XIIIe siècle, avec l’arrivée des chevaliers teutoniques appelés au secours par le duc polonais Konrad Ier de Mazovie en 1226. Des colons allemands arrivent au fil des siècles de tout le Saint-Empire pour peupler la région et jusqu’en 1945, Königsberg est la capitale de la Prusse Orientale peuplée par des Allemands. Les Soviétiques se chargent ensuite du nettoyage ethnique. Une grande partie des habitants de la Prusse orientale est expulsée, dont la totalité des habitants de l'enclave de Kaliningrad.

De même si demain Xi Jinping, le président chinois, envoie quelques dizaines de milliers de petits hommes verts ou jaunes de l’autre côté du fleuve Amour que pourrait répondre la communauté internationale ? Ce cas de figure n’est pourtant pas totalement extravagant. La Russie tsariste a en effet imposé à la Chine la cession au milieu du XIXe siècle de la Mandchourie extérieure. Cette région au bord de la mer du Japon compte comme la Crimée deux millions d’habitants mais pour un territoire six fois plus vaste. Vladimir Poutine risque fort bien d’être pris à son propre jeu, un jour plus ou moins proche. Une probabilité qui augmenterait avec l’affaiblissement de la Russie du fait de possibles troubles dans le Caucase, des sanctions américano-européennes et de l’isolement du pays si Vladimir Poutine venait à poursuivre la déstabilisation de l’Ukraine. Avec le gigantesque accord gazier de 400 milliards de dollars conclu récemment entre la Chine et la Russie sur une durée de trente ans, le Kremlin ne pourra se payer le luxe de se fâcher également avec l'Empire du Milieu.

Dire que les traités internationaux sont faits pour être respectés est une lapalissade. Ils peuvent en revanche être dénoncés avec l’unanimité des signataires, voire des Nations unies, et un véritable référendum (comme celui qui a ce qui n’a pas été le cas pour la Tchécoslovaquie en 1992) ce qui n'a pas été le cas pour le mémorandum de Budapest. En annexant la Crimée et en fomentant les troubles dans le Donbass, la Russie se comporte comme un État voyou hors du champ des valeurs du monde civilisé qui essaye de garder la main mise sur un pays qu’il considère comme un glacis défensif et une colonie.

Pour le moment, le triste jeu du président Poutine continuera de faire de nombreuses victimes civiles, les combats se situant dans des zones urbaines. Les rebelles utilisent des lance-roquettes multiples Grad contre les forces ukrainiennes ce qui inévitablement entraine une riposte de la même violence. Les civils, eux aussi, se trouvent pris entre deux feux.


mercredi 23 juillet 2014

Crash du MH17

Le commandant séparatiste du bataillon Vostok reconnait que les rebelles étaient en possession d'un lance-missiles BUK dans une interview de l'agence de presse Reuters.
http://www.reuters.com/article/2014/07/23/us-ukraine-crisis-commander-exclusive-idUSKBN0FS1V920140723

Le commandant du bataillon Vostok, Alexander Khodakovsky, a démenti plus tard avoir donné cette interview à Reuters…

dimanche 20 juillet 2014

David Cameron: This is an outrage made in Moscow

Like the horror of Lockerbie in 1988 when I was a young man, the images of the burnt-out Malaysian plane, 298 victims and their personal effects strewn across the wheatfields and villages around Grabovo in eastern Ukraine will never leave me.
Ten of our own citizens died; we grieve for them this weekend. So too did 27 Australians, including members of a family who had previously lost relatives on flight MH370; 43 Malaysians and 192 Dutch citizens also died — a huge blow to our friends and allies. We stand shoulder to shoulder with those countries and with all those affected by this outrage.
But alongside our sympathy there is also anger. Anger that this could happen; anger that a conflict that could have been stopped by Moscow has been fomented by Moscow; anger that some in the West, instead of finding the resolve to deal with this issue, have simply hoped it would go away.
We must establish the full facts of what happened. But the growing weight of evidence points to a clear conclusion: that flight MH17 was blown out of the sky by a surface-to-air missile fired from a rebel-held area.
If this is the case then we must be clear what it means: this is a direct result of Russia destabilising a sovereign state, violating its territorial integrity, backing thuggish militias and training and arming them.
We must turn this moment of outrage into a moment of action. Action to find those who committed this crime and bring them to justice. But this goes much wider than justice.
In Europe we should not need to be reminded of the consequences of turning a blind eye when big countries bully smaller countries. We should not need reminding of the consequences of letting the doctrine of “might is right” prevail. We should not need to be reminded of the lessons of European history.
But we do. For too long there has been a reluctance on the part of too many European countries to face up to the implications of what is happening in eastern Ukraine.
Sitting around the European Council table on Wednesday evening I saw that reluctance at work again.
Some countries, with Britain at the forefront, have consistently pushed for action that reflects the magnitude of the long-term threat. They tend to be the countries with the closest physical proximity to Russia and the most direct experience of what is at stake. Their own independence and nationhood have come at a high price. They never forget it. But others seem more anxious to make this a problem to be managed and contained, not a challenge to be met and mastered.
Elegant forms of words and fine communiqués are no substitute for real action. The weapons and fighters being funnelled across the border between Russia and eastern Ukraine; the support to the militias; the half-truths, the bluster, the delays. They have to stop.
Some international crises are insoluble. Not this one. If President Vladimir Putin stops the support to the fighters in eastern Ukraine and allows the Ukrainian authorities to restore order, this crisis can be brought to an end. Of course there must be proper protections for Russian-speaking minorities. These issues can be addressed. But the overriding need is for Russia to cease its support for violent separatists.
If President Putin does not change his approach to Ukraine, then Europe and the West must fundamentally change our approach to Russia.
This is not about military action, plainly. But it is time to make our power, influence and resources count.
Our economies are strong and growing in strength. And yet we sometimes behave as if we need Russia more than Russia needs us and the access we provide to European markets, European capital, our knowledge and technological expertise.
We don’t seek a relationship of confrontation with Russia. But we must not shrink from standing up for the principles that govern conduct between independent nations in Europe and which ultimately keep the peace on our continent.
So let us be clear about what needs to happen.
First, there must be immediate access to the crash site and the crime scene must be preserved. The remains of the victims must be identified, treated with proper respect and dignity and returned to their families. There must be a ceasefire. And there must be a full investigation into what happened. Russia will have plenty of information about these events which it must make fully available — and straight away.
Second, Russia must immediately halt supplies and training for the rebels. They do not represent the people of Ukraine. Without Russian support they will wither.
Finally, we must establish proper long-term relationships between Ukraine and the European Union; between Ukraine and Russia; and, above all, between Russia and the European Union, Nato and the wider West.
What form that relationship takes rests on how Russia responds to this appalling tragedy. Russia can use this moment to find a path out of this festering, dangerous crisis. I hope it will do so. But if that does not happen then we must respond robustly.
Nearly 25 years ago Britain hosted the Nato summit that ended the Cold War and began the process of ushering Russia back into the councils of the world.
In six weeks’ time Britain will host a Nato summit in Wales at which the relationship with Russia will again take centre stage. It is up to Russia which path that relationship now takes.
David Cameron is prime minister of Great Britain.